Charge mentale contraceptive et répartition dans le couple
Rendez-vous, ordonnance, suivi des effets indésirables : une sexothérapeute de Roissy-en-Brie explique ce que cette organisation change dans l’intimité et comment la répartir.
En bref
- La contraception suppose un travail d’organisation continu, encore largement assumé par les femmes.
- Fatigue, tensions et stress peuvent en découler, jusque dans la vie sexuelle.
- Une sexothérapeute conseille d’en parler et de décider à deux.
Quand la contraception devient l’affaire d’une seule personne du couple, elle cesse d’être un simple choix de santé pour se transformer en tâche permanente. Dans un article publié le 22 octobre 2026, La Dépêche interroge la sexothérapeute Maëlis Scholtes sur cette réalité et sur les moyens de la répartir autrement.
Une charge invisible, assumée surtout par les femmes
Cette organisation repose encore majoritairement sur les femmes. Maëlis Scholtes, sexothérapeute et thérapeute de couple à Roissy-en-Brie, rappelle que « La majorité des méthodes contraceptives sont utilisées par les femmes ». Les options côté masculin restent restreintes : aucune pilule contraceptive masculine n’est commercialisée à ce jour. Le préservatif et la vasectomie constituent les deux principales méthodes, et la seconde demeure peu pratiquée en France.
L’offre n’explique pas tout. La répartition tient aussi à des habitudes culturelles et sociales. La sexothérapeute décrit le raisonnement courant : « On se dit que la contraception, c’est pour éviter une grossesse, donc c’est la femme qui s’en charge ». Autrement dit, l’objectif de la contraception, éviter une grossesse, sert de justification implicite pour désigner la personne qui s’en occupe, alors même que l’acte sexuel concerne deux personnes.
Fatigue, tensions et stress dans l’intimité
Lorsqu’une personne porte l’essentiel de cette responsabilité, des tensions peuvent apparaître dans le couple. Maëlis Scholtes résume le sentiment qui en découle : « On fait l’amour à deux, mais il n’y a que moi qui m’en occupe ».

Cette tâche vient s’ajouter aux autres responsabilités qui pèsent souvent sur les femmes. Les conséquences évoquées sont la fatigue, un sentiment d’injustice et du ressentiment envers le partenaire. Le poids de la contraception ne se mesure donc pas isolément : il s’empile sur un quotidien déjà chargé.
La vie sexuelle elle-même peut être touchée. Certaines méthodes, comme la pilule hormonale, entraînent parfois des effets indésirables susceptibles de l’affecter. Par ailleurs, la peur d’oublier sa contraception ou celle d’une grossesse non désirée peut générer du stress et freiner la spontanéité. Ainsi, la préoccupation constante liée à la prévention peut s’inviter jusque dans les moments censés être les plus détendus.
Des repères pour mieux se répartir la responsabilité
Le premier pas consiste à aborder le sujet à deux et à trancher ensemble. Selon Maëlis Scholtes, « L’idée, c’est de créer du lien, de décider ensemble, de faire ensemble ». Le choix d’une méthode peut ainsi être discuté à deux, en prenant en compte :
- le vécu de chaque partenaire ;
- les contraintes de la personne qui utilise la méthode ;
- les effets qu’elle ressent au quotidien.
Imaginons qu’une femme explique qu’une pilule fait baisser sa libido : l’enjeu n’est pas de relativiser ce qu’elle éprouve, mais de rechercher à deux une solution qui lui convienne.
Pour la sexologue, cette réflexion contribue à faire évoluer le couple vers plus d’égalité. Elle estime que « Sensibiliser davantage les hommes à ces questions permettrait de faire de la contraception une responsabilité réellement partagée, plutôt qu’une préoccupation essentiellement féminine ».
Photo : cottonbro studio / Pexels