Une bonne estime de soi profiterait aussi au bonheur du partenaire

Deux études publiées en 2016 relient le niveau d’estime de soi à la formation, au vécu et parfois à la fin des relations de couple.

Béatrice Anselme Par Béatrice Anselme
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Une bonne estime de soi profiterait aussi au bonheur du partenaire
Un couple debout sur une roche face au coucher du soleil.

En bref

  • Une étude de 2016 publiée dans le Journal of Personality and Social Psychology relie estime de soi, début de relation et rupture
  • La même année, une étude de l’université de Berne montre qu’une estime de soi élevée profite aussi au bonheur du partenaire
  • Des travaux publiés dans Nature associent l’estime de soi à la confiance et à la réciprocité au sein du couple
  • L’article cité par Psychologies propose trois pistes concrètes pour travailler cette estime de soi avant une rencontre

Avant de chercher l’amour chez l’autre, faudrait-il d’abord le trouver en soi ? Des chercheurs se sont penchés sur la question en 2016, dans deux études distinctes, pour comprendre comment la confiance qu’une personne a en elle-même influe sur sa vie amoureuse.

Selon une étude publiée cette année-là dans le Journal of Personality and Social Psychology, les personnes ayant une forte estime d’elles-mêmes auraient davantage tendance à entamer une nouvelle relation, alors qu’un déficit de confiance en soi précéderait plutôt une séparation. Les auteurs relèvent également un effet retour : l’estime de soi pèse sur ces grands tournants affectifs, qui à leur tour rejaillissent sur la façon dont cette estime évolue ensuite. Le mécanisme fonctionne donc dans les deux sens, au fil des rencontres et des ruptures.

2016année de publication des deux études fondatrices

Un bénéfice qui profite aussi au partenaire

La même année, des chercheurs de l’université de Berne, en Suisse, sont arrivés à une conclusion complémentaire : avoir une bonne image de soi ne profiterait pas uniquement à la personne concernée, mais rejaillirait également sur son partenaire. Le bonheur vécu à deux dépendrait ainsi autant de la confiance de chacun en lui-même que de celle de l’autre.

Des travaux publiés dans la revue Nature éclairent ce fonctionnement. L’estime de soi d’une personne mettrait en mouvement toute une série d’effets en chaîne, où des éléments comme la confiance mutuelle et l’équilibre des attentions données et reçues occupent une place déterminante, influant sur le niveau de satisfaction de chacun dans le couple.

Moins de dépendance affective, plus de clarté dans la relation

Sur le plan concret, cela se traduirait par un moindre besoin affectif de l’autre chez ceux qui ont bâti une bonne image d’eux-mêmes. Ils arriveraient plus facilement à formuler ce dont ils ont besoin et à poser des limites, ce qui transforme la dynamique quotidienne du couple. Une bonne estime de soi irait aussi de pair avec un niveau d’anxiété réduit, favorisant un épanouissement personnel qui se répercute sur la relation amoureuse. D’après Psychologies, ce phénomène se manifesterait aussi bien avant la rencontre que durant la vie commune, puisque l’estime de soi oriente la façon d’approcher l’autre et de se positionner face à lui.

Trois pistes pour travailler son estime de soi

Pour renforcer cette confiance en soi avant même d’envisager une relation, plusieurs pistes sont évoquées :

  • Porter attention au dialogue intérieur, en évitant l’autodénigrement et en reformulant les pensées dévalorisantes de façon plus constructive, par exemple en remplaçant un constat d’échec par une analyse de ce que l’expérience a permis d’apprendre
  • Noter régulièrement, dans un carnet, les petites et grandes réussites de la journée, afin de prendre conscience du chemin parcouru
  • Se fixer des buts atteignables, qui augmentent les chances de réussite et procurent un sentiment de fierté une fois accomplis

Ces leviers ne garantissent évidemment pas une rencontre amoureuse, mais ils s’inscrivent dans la continuité des mécanismes mis au jour par les études de 2016. Travailler sa relation à soi-même, avant toute relation à deux, modifierait durablement la façon dont une personne aborde ses liens affectifs, qu’elle soit seule ou en couple. Ce travail intérieur, selon les mêmes sources, resterait utile même une fois la relation installée, puisqu’il continuerait d’influencer la qualité des échanges entre partenaires au quotidien.

Photo : Julio Alves / Pexels

Béatrice Anselme

Émotions, relations et comportements

Béatrice Anselme

Béatrice Anselme a été libraire spécialisée en sciences humaines à Aix-en-Provence pendant plus de vingt ans. Elle écrit sur les émotions, la psychanalyse et l'actualité de la psychologie, en présentant les débats sans les trancher à la place du lecteur. Elle relit Winnicott chaque été, dans le désordre.