Faire à la place de son enfant peut freiner son autonomie, selon Psychologies

Habiller, tartiner, répondre ou trancher un conflit à la place de l’enfant paraît anodin, mais ces habitudes pèseraient sur son développement.

Béatrice Anselme Par Béatrice Anselme
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Faire à la place de son enfant peut freiner son autonomie, selon Psychologies
Un enfant apprend à ajuster lui-même ses chaussures de sport, assis au sol.

En bref

  • Faire à la place de l’enfant part souvent d’une bonne intention : lui éviter l’échec et le protéger.
  • Habillage, tartines, conflits, questions : ces gestes quotidiens sont cités comme exemples.
  • Une étude de 1989 relie le soutien à l’autonomie à de meilleures compétences et à de meilleurs résultats scolaires.
  • Cadre sécurisé, choix du quotidien et jeu libre sous supervision en retrait sont les pistes avancées.

Oui, faire les choses à la place de son enfant peut freiner son développement, même quand l’intention est de le protéger. C’est ce que rapporte Psychologies, dans un article publié le 30 octobre 2026 qui s’appuie sur des spécialistes.

Un geste d’amour qui peut devenir un frein

Selon ces spécialistes, de nombreux parents ont pris l’habitude d’agir à la place de leur enfant. Les raisons sont compréhensibles : lui éviter d’échouer, le protéger, assurer sa sécurité. Ce comportement peut d’abord passer pour une marque de bienveillance et d’amour parental. Il peut pourtant, à la longue, entraver le développement de l’enfant.

Le contexte compte également. L’article rappelle que, dans les années 1960, les parents permettaient plus aisément à leurs enfants de jouer dehors, de circuler à vélo dans la rue ou de rentrer tard le soir. Aujourd’hui, certaines réalités du monde actuel restreignent cette autonomie. Pour autant, il ne faudrait pas en conclure que les enfants sont condamnés à demeurer cloîtrés à la maison : ils peuvent connaître une certaine liberté et une certaine indépendance.

Les petits gestes du quotidien concernés

Ce « faire à la place » se loge dans des scènes très ordinaires. Les exemples cités :

  • enfiler ses vêtements à son enfant chaque matin, alors qu’il est capable de s’habiller sans aide ;
  • préparer à sa place ses tartines, alors qu’il pourrait très bien déjeuner par ses propres moyens ;
  • résoudre sur-le-champ un conflit, sans lui laisser le temps de chercher une solution ;
  • répondre à sa place quand on lui pose une question.

Ces actions peuvent sembler banales, souligne l’article, mais elles auraient des répercussions importantes sur l’enfant.

Pour étayer son propos, Psychologies s’appuie sur une étude publiée en 1989. Selon elle, plus les parents soutiennent l’autonomie, plus on observe une autorégulation autonome rapportée par les enfants, ainsi que de meilleures compétences et une meilleure adaptation jugées par les enseignants, et de meilleurs résultats scolaires. Ce sont des corrélations : elles rapprochent des éléments sans prouver que l’un provoque l’autre.

Un jeune enfant ramasse un anneau sur l’herbe dans un parc, sous le regard d’une adulte debout en arrière-plan.
Un enfant manipule un jeu au sol dans un parc herbeux, accompagné par un parent. Photo : RDNE Stock project / Pexels

Des repères pour laisser de la marge

Entre le parent qui garde la main sur tout, quitte à nuire parfois au développement de son enfant pour mieux assurer sa sécurité, et celui qui laisse l’enfant explorer le monde et expérimenter seul, les spécialistes conseillent d’encourager davantage l’autonomie, au sein d’un environnement sûr où des règles sont fixées. Il ne s’agit pas d’abandonner l’enfant à son sort, mais de lui fournir les outils pour gagner en autonomie, grandir de façon harmonieuse et se sentir réellement bien.

Concrètement, plusieurs pistes sont avancées :

  • laisser l’enfant décider, au moins en partie, du programme des vacances ;
  • lui permettre de choisir son repas ;
  • le laisser composer sa tenue du lendemain.

Le jeu libre, dont l’enfant décide et qu’il mène lui-même, est décrit comme indispensable. Il lui permet de découvrir ce qui l’entoure, de nourrir son imaginaire et d’apprendre à venir seul à bout de difficultés. Les parents peuvent le superviser à distance, présents mais sans s’immiscer : c’est dans ce cadre que l’enfant peut choisir et diriger son activité sans être livré à lui-même.

Photo : Antonius Ferret / Pexels